Entre l'Italie et la France : un carnet de recherche sur la santé des personnes migrantes à la frontière
Un carnet de recherche public et la traduction d'un livre noir sur un centre de rétention, pour documenter les conditions de vie des personnes migrantes entre l'Italie et la France.
© Emanuele Giacopetti
Contexte
Malgré les accords de Schengen, la frontière entre l'Italie et la France a été rétablie. Les autorités françaises, à Menton et à Briançon, renvoient chaque jour environ 150 personnes vers l'Italie, sans respecter leur droit de demander l'asile. À Vintimille et à Oulx, ces personnes n'ont pas accès à des conditions de vie décentes : nourriture, toilettes, abri, information. La clinique de droit du Collège universitaire international de Turin a lancé un projet de plaidoyer juridique sur leur santé.
Intervention
Avec des étudiantes et des étudiants de la clinique, j'ai coédité le carnet de recherche « Duty of care in Italy-France migration », ouvert en avril 2021 et rédigé en anglais. Nous y avons réuni les sources existantes : plus de 50 articles et rapports, 20 vidéos et 140 actualités. Nous sommes allés à Vintimille les 7 et 8 juin 2021, pour rencontrer des personnes en transit et des organisations de soutien. Après la mort d'un jeune migrant au centre de rétention de Turin, nous avons traduit en anglais et en français, avec quatre autres personnes, le livre noir publié par l'Association pour les études juridiques sur l'immigration (ASGI).
Effets observés
- Un carnet de recherche public, en anglais, de cinq notes (2021)
- Une liste de plus de 50 articles et rapports, 20 vidéos et 140 actualités venant d'organisations de la société civile, de chercheuses et de chercheurs et des médias
- Le livre noir sur le centre de rétention de Turin, traduit en anglais et en français, en accès libre sur Zenodo (2021)
- Un billet invité sur le blog Border Criminologies de l'Université d'Oxford, avec une étudiante du Collège (2022)
Ce que cela montre
Un carnet ouvert peut mettre en lumière une situation que les décisions publiques laissent dans l'ombre : réunir les sources, les traduire et les publier en accès libre permet à d'autres de s'en saisir. Le carnet relève lui-même une limite : l'essentiel de l'information quotidienne vient de France et soutient la voix des personnes migrantes, alors que le point de vue de la population locale et des autorités reste peu représenté.